Viagra
Le Viagra est commercialisé depuis fin 98. Après un début sous les sunlights et les effets d’annonce sur ses bienfaits ou ses dangers, que faut-il en retenir aujourd’hui ?
Sans doute que, si risque il y a, celui-ci est moins lié à la santé qu’à la valorisation d’une certaine culture de la performance sexuelle…
Des changements de comportement positifs
Il semble que ce médicament ait induit un changement de comportement : avant, l’homme souffrant d’impuissance ne parlait que rarement de sa souffrance à son médecin ou à quiconque, d’ailleurs. Ce trouble était source de honte et était associé à l’incapacité, à la perte de la virilité. D’ailleurs, le terme “impuissance” porte en lui tous ces sous-entendus (autour d’une certaine équation impuissance, incapacité, manque de virilité…) ; les médecins lui préfèrent aujourd’hui l’expression, moins connotée, de “troubles de l’érection”.
Les consultations pour ce motif auraient augmenté de 40 % depuis la commercialisation du Viagra, ce qui permet aux médecins de diagnostiquer et de traiter des troubles associés, comme le diabète ou l’hypertension. Donc, le Viagra aurait accéléré cette évolution des mentalités. Mais on note que les hommes consultent de préférence leur généraliste (65 % des initiations de traitement), devant les urologues (19 %) et les sexologues (8 %), moins consultés dans ces cas.
En résumé, les hommes sont prêts à parler de sexualité, certes, mais pas trop…
Efficacité
Les hommes traités ont, en général, plus de 50 ans. 42 % sont âgés de 61 ans et plus et 96 % des patients utilisant du Viagra sont satisfaits.
Le Viagra est efficace pour 82 % des patients à la dose de 100 mg et pour 74 % à la dose de 50 mg.
Le Viagra a également montré son efficacité dans des pathologies particulières. Ainsi, il permet d’améliorer la fonction érectile :
· De 84 % chez les hommes atteints de troubles psychogènes ;
· De 65 % chez les diabétiques de type 2 ;
· De 68 % chez les hypertendus ;
· De 75 % chez les personnes dépressives ;
· Et enfin de 83 % chez les blessés médullaires.
Des contre-indications mais pas de danger
Rappelons qu’il y a des contre-indications à la prise du Viagra , la principale étant la prise de dérivés nitrés (poppers), médicaments prescrits pour certains troubles cardiaques.
Un surdosage volontaire et une association avec d’autres médicaments peuvent entraîner la mort.
Si les précautions d’emploi et les contre-indications sont respectées, le Viagra est inoffensif. Les effets secondaires - maux de tête, dyspepsie et apparition de rougeurs - restent modérés.
Un risque : le culte de la performance sexuelle
La particularité du trouble sexuel ne peut être isolé d’un contexte relationnel et affectif. En clair, la translation “une pilule = une érection = une vie sexuelle satisfaisante” est un brin simpliste…
La sexualité est une affaire personnelle et privée. Le revers de la médaille d’une hyper-médiatisation d’un problème qui fut longtemps mal pris en compte serait alors de créer une nouvelle norme dans cet espace très personnel. Il serait souhaitable de disposer d’une véritable information éducative sur la complexité des troubles de la sexualité et leurs implications psycho-sociales” auprès des professions de santé “pour former celles-ci à l’écoute du sens d’un comportement sexuel”. Il serait souhaitable également de pouvoir proposer une information sur les comportements sexuels dès l’adolescence.
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